Ozho Naayé participe au Festival Migrant’scene

le 28/11/14
Festival MIGRANT’SCENE -Aux frontières de l’Europe – Soirée sur la Péniche Antipode

19h30 PEt nous jetterons la mer derrière vousrojection de L’histoire des œufs du dragon, un court-métrage réalisé en atelier avec des migrants et habitants de Mytilini sur l’île de Lesvos en Grèce, suivi d’un extrait du film documentaire Et nous jetterons la mer derrière vous. Ces deux films ont été réalisés par Anouck Mangeat, Noémi Aubry, Jeanne Gomas et Clément Juillard de l’association Ohzo Naayé.

Ces projections seront suivies d’un débat avec les réalisateurs-trices et d’un(e) intervenant(e) de La Cimade.

La soirée se poursuivra en musique avec Tiryaki & ses invités : musiques et chansons traditionnelles d’Anatolie et aussi d’ici et d’aujourd’hui.

L’association Underconstruction sera présente tout au long de la soirée et proposera des animations autour de jeux de sensibilisation sur les frontières.

Péniche Antipode, face au 55 quai de la Seine – Paris 19è (Entrée libre)

 montage sidiqi_younes

Film documentaire « Et nous jetterons la mer derrière vous »

Mots des réalisatrices et réalisateur :

« Dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, on jette de l’eau derrière celui qui s’en va pour qu’il revienne en bonne santé.
C’est une échappée vers l’ouest, une plongée dans les routes qui s’entrecroisent. On les appelle, migrants, kaçak, metanastes alors qu’ils sont Aziz, Sidiqi, Housine,Younes.
Nous traversons avec eux ces villes non-lieux et ces zones frontières, grandes comme des pays entiers. Du foyer au chaos de la Grèce en crise, en passant par les rues d’Istanbul.
les rêves, les espoirs qu’ils portent. Il n’en est qu’à son début,
C’est l’histoire d’une Europe, de ses réalités, de ses frontières et de ses polices. C’est une histoire d’exil.
Et c’est l’eau de toutes les mers traversées que nous jetons derrière leurs pas. »

L’extrait proposé lors de cette soirée se déroule autour de Pagani, ancien centre de détention plein à craquer en 2009 puis fermé sous la pression des migrants et des associations et habitants solidaires. C’est un bâtiment en préfabriqué, une sorte d’entrepôt, dans la zone industrielle de Mytilini, à l’abri des regards. Nous nous baladons dans les chambres vides aux murs peints qui écrivent dans le temps et l’espace ce non-lieux de l’enfermement…

logo-OzhoNaayeOzho Naayé est une association qui crée des objets (films, photos, cartes, écrits) autour des questions migratoires, de frontières et d’identité. Depuis plusieurs années, elles-ils se sont intéressé-e-s plus particulièrement à la Grèce et la Turquie. Sur l’île de Lesvos, où beaucoup de migrants risquent leurs vies en traversant la mer Egée en bateau, elles-ils ont collecté des récits migratoires.

Projection de Yolunuz açik olsun au cinéma de Fontenay sous Bois

 avlu photgraf

Le 27 Novembre 2014, notre dernier court métrage Yolunuz açik olsun sera diffusé au Cinéma Le Kosmos de Fontenay sous Bois. Horaire à venir.

- Yolunuz açik olsun – 7min40 – Super 8 couleur
Réalisé par Noémi Aubry et Anouck Mangeat avec la collaboration de Gurkan Aslan du collectif AVLU FOTOGRAF KULUBU
Dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, on jette de l’eau derrière celui qui s’en va, présage d’un retour en bonne santé. On lui souhaite « que ta route soit ouverte », en turc, «  Yolunuz açik olsun ».
Dans un village abandonné en Anatolie, un personnage s’affaire avec soin et enthousiasme à la préparation d’un plat de lentilles. Chaque geste est minutieux, il allume le feu de bois avec des brindilles, verse eau, lentilles, sel, poivre et épices. Il remplit deux assiettes et va les porter à ses voisins. Mais c’est alors qu’il réalise peu à peu que le village est vide… Ne reste que les pierres et quelques portes en bois. Est-il lui meme bien là ?
Ce film raconte la mémoire de lieux vidées, dépouillés, la mémoire d’hommes, de femmes, d’enfants forcés à l’exil, ayant quittés leurs foyers sans que personne n’ait pu faire couler de l’eau ou murmurer ces mots derrière eux.

Janvier 204

LE KOSMOS

243 Avenue de la République, 94120 Fontenay-sous-Bois

L’odeur de la maison – Granville

Il y a une odeur dans la maison.

L’odeur de la maison.

La volet gauche qui claque,

Doucement, très doucement.

Et l’odeur qui succombe

Au carreau ébréché de la terrasse.

Des pas, les pas, les murs.

J’entends la maison,

Sous elle,

De l’intérieur,

Comme revenir au sol, la mer à côté.

Je ne pense plus qu’au sel,

Qu’il ne resterai que ça,

Une écorce de cette odeur prise dans une fleur de sel.

The story of dragon’s eggs

Court-métrage, réalisé pendant une semaine d’ateliers à Mytilini, île de Lesvos, Grèce.
Nous avons passé une semaine avec des amis migrants et grecs là bas, pour écrire, tourner, monter et sous- titrer ce court-métrage ensemble.
Quatre personnages, quatre histoires, du Pakistan à Mytilini, qui sait ce qu’il y a dans un oeuf de dragon.
Houssine dit qu’ils sont des dragons, eux qui ont franchis les frontières, et que personne ne peut savoir ce que contient un oeuf avant qu’il n’éclose.
Ce court-métrage a été écrit, tourné et monté par les membres du projet « Nous autres, hirondelles » et des migrants et habitants de l’île de Lesvos, Grèce.

La mer morte #5 – La machine d’enregistrement

La machine d’enregistrement

Super 8 sur vidéo, couleur et n&b, son, 8’

 

 

Film réalisé par Noémi Aubry,  Tamador Abu Laban, Firas Ramadan et Wisam Al-Jafari et tourné à Deisheh, Palestine.

Une rencontre avec trois jeunes réalisateurs palestiniens, réfugiés du camp de Deisheh, autour de leur pratique du cinéma. La rencontre se fait via la machine d’enregistrement, une caméra Super 8 Nizo. Leur discussion sur le fait de réaliser des films en tant que réfugiés palestiniens, sur ce que c’est que de faire des films en Palestine, s’alterne avec leurs propres gestes, leurs regards sur le camp de réfugiés où ils vivent, à Deisheh, Palestine.

 

Nos existences mal adaptées – Aux louves

Nous ne sommes pas adaptées, tout comme vous, louves du désert ou de la forêt ou du bitume. Devant nos regards, nos larmes, nos cris, nos rires, nos vies mal adaptées, il y a le reflet de notre impudeur à essayer d’être ce que nous voudrions voir. Ça ne marche pas ? ça claque dans nos oreilles les faux cris, des fausses réprimandes douteuses, de ce qu’il faudrait, de ce que l’on devrait être. Nous sommes nées, au hasard d’un monde malheureux, si en son sein nous savons même une seconde en créer la joie, le plaisir, alors nous pouvons cracher sur tous ceux qui viendront en roi des règles plates, nous tapés sur les doigts. Nous sommes ailleurs, et notre douleur qui appartient au monde, et bien nous vivons avec comme il nous plait, qui pourra nous reprocher cela ? A l’errance des louves, à vos aboiements, aux miens ; ils sont notre abri, notre grotte, de cette existence ordonnée et morne, dont nous ne voudrons jamais.

La paume vide

Comme un regard posé, fixé sur le toit d’en face

Comme deux couvreurs pendus à une sangle au dessus de

C’est flou madame, voilà ce que je lui répondrai

Il faut lire pour pouvoir écrire, réécrire

Dans un autre ordre, une autre ligne, en noir sur blanc

Et puis le toit qui ne dit plus rien, sans mot, sans imaginaire au delà

Ça serait ça le néant, celui qui emporte, le trou sans espace à penser

Celui qui m’emporte qui entre dans ma nuit qui hurle la solitude

La semblance qu’il y avait à inventer

Disparue,

et les yeux perdus sur les couvreurs qui ne veulent pas dire, pas parler

Un monde immobile, abominable où l’esprit tourne en rond

Poisson faussement rouge, qui n’oublie pas, qui garde en mémoire

En sale surfeur des mers de honte stagnante, tout remonte à la surface

A vue, même le dégout refuse les mots, il n’est que ce qu’il montre,

Rien à chercher ailleurs

J’ai reçu un cadre en bois, il y a un message gravé derrière, pour …

1972

si c’était les plus belles choses que j’avais vues, la mémoire dite en passant

pas celle flattée, érigée là en preuve d’une existence assurée, qui crie «  nous sommes

bien là »

ou plutôt

«  nous avons bien été là, regardez ! »

Non, pas celle là,

la mémoire découverte, l’archive perdue dans la boue, qui remonte aux

yeux, comme une larme que l’on avait pas avouée

Sous le toit, à droite de la chanlatte, il y a aussi une date gravée, que les couvreurs ne

verront pas

Si seul le passé, fait fléchir le mot dans ma paume, aux avenirs de ceux qui ne seront

plus, ou à ceux qui revivront vainement dans nos esprits rageurs de n’en pouvoir faire

autre chose

Je pourrais dire, nous ne méritons pas ça, quand bien même je vomis tout mérite, il a ici

son seul sens acceptable