Par les collectifs Sci POl et Fuxia Block de Padova, nous recevons les communiqués traduits des facultés Italiennes occupées, des Etudiants en marche…Nous en serons le 14, le communiqué est là:
Aux facultés en lutte, aux étudiantes et aux étudiants, aux doctorants, aux précaires de la recherche.
“Nous, on ne payera pas votre crise” : c’est le slogan avec lequel, il y a plus d’une semaine, la mobilisation a commencé dans l’université “La Sapienza”
Un slogan simple, mais tout de même direct: la crise économique globale, c’est la crise du capitalisme même, de la spéculation financière et immobilière, d’un système sans règle ni droit, des patrons et des sociétés sans scrupules. Cette crise ne peut donc pas retomber sur les épaules de la formation (de l’école primaire jusqu’à l’université), de la santé ou des contribuables en général.
Le slogan est devenu célèbre, en courant rapidement de bouche en bouche, de ville en ville.
Des étudiants aux précaires, du monde du travail à celui de la recherche, personne ne veut payer la crise, personne ne veut socialiser les pertes, puisque la richesse a été, depuis des années, distribuée à peu de gens, trop peu.
Ces dernières semaines se fut une véritable contagion : multiplication des mobilisations dans les écoles, dans les universités, dans les villes ; qui a du susciter beaucoup de peur.
On le sait : le chien qui a peur, mord; ce fut la réaction du premier ministre Berlusconi qui ne s’est pas faite attendre: “ Police pour les universités et les écoles occupées”, “ nous allons arrêter la violence dans le pays”.
Hier Berlusconi a déclaré vouloir augmenter les soutiens économiques aux banques et faire de l’état et de la dépense publique les garants en dernière instance pour les prêts aux entreprises ; ce qui implique: l’arrêt des formations, la baisse des ressources pour les étudiants, l’arrêt des aides à la santé, mais de l’autre côté, de l’argent pour les entreprises, les banques, les privés.
Nous nous demandons, alors, où se trouve la violence ? Dans une occupation ou plutôt dans un gouvernement qui impose la loi 133 et le décret Gelmini, sans aucune discussion parlementaire? Est-ce le désaccord qui est violent ou le fait de vouloir l’étouffer en faisant intervenir la police ? Est-ce violent de se mobiliser pour la défense de l’université et de l’école publique ou bien de favoriser les intérêts économiques d’une minorité ?
La violence est donc du côté du gouvernement Berlusconi; de l’autre côté, dans les facultés ou dans les écoles occupées, il y a la joie et l’indignation de ceux qui luttent vraiment pour leur futur et pour le futur de tous, de ceux qui n’acceptent pas d’être mis au coin ou forcés au silence, de ceux qui veulent être libre.
On dit de nous que nous savons seulement dire « non », que nous n’avons rien à proposer. Rien n’est plus faux: les occupations et les assemblées de ces derniers jours sont en train de bâtir une nouvelle université, une université faite de connaissance, mais aussi de socialisation, de savoir, d’information et de conscience. Étudier est pour nous fondamental, et c’est pour cela que nous pensons qu’il est indispensable de nous mobiliser: occuper pour faire vivre l’université publique, pratiquer le dissentiment pour pouvoir continuer à étudier ou faire de la recherche.
Beaucoup de choses dans l’université et dans les écoles doivent être changées, mais une chose est certaine: le changement ne passera pas par le « dé-financement ». Changer l’université signifie augmenter les ressources, soutenir la recherche, qualifier les procès de la formation, garantir la mobilité (de l’étude à la recherche, de la recherche à l’enseignement).
Par contre le « dé-financement » a un seul but: transformer les universités en fondations privées, décréter la fin de l’université publique.
Le dessein est clair, ainsi que les moyens: la loi 133 a été approuvée au mois d’août et, face au désaccord de dizaines de milliers d’étudiants, la police est intervenue. Ce gouvernement veut détruire la démocratie, à travers la peur, à travers la terreur.
Mais aujourd’hui, de “La Sapienza” en mobilisation et des facultés occupées, nous disons que nous n’avons pas peur et nous ne reviendrons pas sur nos pas. Notre intention est plutôt de faire reculer le gouvernement: nous n’arrêterons pas nos batailles tant que la loi 133 et le décret Gelmini ne seront pas retirés! Cette fois nous allons jusqu’au bout, nous ne voulons pas perdre, nous ne voulons pas baisser la tête face à tant d’arrogance. C’est pour ça que nous invitons toutes les facultés en mobilisation du pays à faire la même chose: s’ils veulent mater les occupations, et bien que d’autres milliers d’écoles et de facultés soit occupées!
En plus, après la grève et les manifestations du 17 octobre fixées par les syndicats de base, nous retenons que l’heure a sonné de descendre dans les rues de nos villes pour donner une réponse unitaire et coordonnée. Nous proposons donc deux journées de mobilisation nationales: vendredi 7 novembre, avec des manifestations disloquées dans toutes les villes, et une grande manifestation nationale du monde de la formation, de l’université jusqu’à l’école, à Rome, le vendredi 14 novembre, journée où les syndicats confédéraux ont décrété la grève de l’université.
Une journée à construire dont, en premier lieu, les protagonistes doivent être les étudiants, les chercheurs et les professeurs mobilisés. D’autant que nous retenons utile de traverser, avec nos formes et nos contenus, la grève générale de l’école lancée par les syndicats confédéraux et fixée pour jeudi 30 octobre.
Ce qui arrive ces derniers jours c’est une mobilisation extraordinaire, puissante, riche. Une nouvelle vague, une vague anomale qui n’a pas l’intention de s’arrêter et qui veut, au contraire, vaincre. Faisons croître la vague, faisons croître l’envie de lutter! On nous veut idiots et résignés, mais nous sommes intelligents et en mouvement et notre vague ira loin !
Des facultés occupées de “La sapienza” de Rome, par l’université en mobilisation.