L’odeur de la maison – Granville

Il y a une odeur dans la maison.

L’odeur de la maison.

La volet gauche qui claque,

Doucement, très doucement.

Et l’odeur qui succombe

Au carreau ébréché de la terrasse.

Des pas, les pas, les murs.

J’entends la maison,

Sous elle,

De l’intérieur,

Comme revenir au sol, la mer à côté.

Je ne pense plus qu’au sel,

Qu’il ne resterai que ça,

Une écorce de cette odeur prise dans une fleur de sel.

The story of dragon’s eggs

Court-métrage, réalisé pendant une semaine d’ateliers à Mytilini, île de Lesvos, Grèce.
Nous avons passé une semaine avec des amis migrants et grecs là bas, pour écrire, tourner, monter et sous- titrer ce court-métrage ensemble.
Quatre personnages, quatre histoires, du Pakistan à Mytilini, qui sait ce qu’il y a dans un oeuf de dragon.
Houssine dit qu’ils sont des dragons, eux qui ont franchis les frontières, et que personne ne peut savoir ce que contient un oeuf avant qu’il n’éclose.
Ce court-métrage a été écrit, tourné et monté par les membres du projet "Nous autres, hirondelles" et des migrants et habitants de l’île de Lesvos, Grèce.

La mer morte #5 – La machine d’enregistrement

La machine d’enregistrement

Super 8 sur vidéo, couleur et n&b, son, 8’

 

 

Film réalisé par Noémi Aubry,  Tamador Abu Laban, Firas Ramadan et Wisam Al-Jafari et tourné à Deisheh, Palestine.

Une rencontre avec trois jeunes réalisateurs palestiniens, réfugiés du camp de Deisheh, autour de leur pratique du cinéma. La rencontre se fait via la machine d’enregistrement, une caméra Super 8 Nizo. Leur discussion sur le fait de réaliser des films en tant que réfugiés palestiniens, sur ce que c’est que de faire des films en Palestine, s’alterne avec leurs propres gestes, leurs regards sur le camp de réfugiés où ils vivent, à Deisheh, Palestine.

 

Nos existences mal adaptées – Aux louves

Nous ne sommes pas adaptées, tout comme vous, louves du désert ou de la forêt ou du bitume. Devant nos regards, nos larmes, nos cris, nos rires, nos vies mal adaptées, il y a le reflet de notre impudeur à essayer d’être ce que nous voudrions voir. Ça ne marche pas ? ça claque dans nos oreilles les faux cris, des fausses réprimandes douteuses, de ce qu’il faudrait, de ce que l’on devrait être. Nous sommes nées, au hasard d’un monde malheureux, si en son sein nous savons même une seconde en créer la joie, le plaisir, alors nous pouvons cracher sur tous ceux qui viendront en roi des règles plates, nous tapés sur les doigts. Nous sommes ailleurs, et notre douleur qui appartient au monde, et bien nous vivons avec comme il nous plait, qui pourra nous reprocher cela ? A l’errance des louves, à vos aboiements, aux miens ; ils sont notre abri, notre grotte, de cette existence ordonnée et morne, dont nous ne voudrons jamais.

La paume vide

Comme un regard posé, fixé sur le toit d’en face

Comme deux couvreurs pendus à une sangle au dessus de

C’est flou madame, voilà ce que je lui répondrai

Il faut lire pour pouvoir écrire, réécrire

Dans un autre ordre, une autre ligne, en noir sur blanc

Et puis le toit qui ne dit plus rien, sans mot, sans imaginaire au delà

Ça serait ça le néant, celui qui emporte, le trou sans espace à penser

Celui qui m’emporte qui entre dans ma nuit qui hurle la solitude

La semblance qu’il y avait à inventer

Disparue,

et les yeux perdus sur les couvreurs qui ne veulent pas dire, pas parler

Un monde immobile, abominable où l’esprit tourne en rond

Poisson faussement rouge, qui n’oublie pas, qui garde en mémoire

En sale surfeur des mers de honte stagnante, tout remonte à la surface

A vue, même le dégout refuse les mots, il n’est que ce qu’il montre,

Rien à chercher ailleurs

J’ai reçu un cadre en bois, il y a un message gravé derrière, pour …

1972

si c’était les plus belles choses que j’avais vues, la mémoire dite en passant

pas celle flattée, érigée là en preuve d’une existence assurée, qui crie «  nous sommes

bien là »

ou plutôt

«  nous avons bien été là, regardez ! »

Non, pas celle là,

la mémoire découverte, l’archive perdue dans la boue, qui remonte aux

yeux, comme une larme que l’on avait pas avouée

Sous le toit, à droite de la chanlatte, il y a aussi une date gravée, que les couvreurs ne

verront pas

Si seul le passé, fait fléchir le mot dans ma paume, aux avenirs de ceux qui ne seront

plus, ou à ceux qui revivront vainement dans nos esprits rageurs de n’en pouvoir faire

autre chose

Je pourrais dire, nous ne méritons pas ça, quand bien même je vomis tout mérite, il a ici

son seul sens acceptable