You want to know my story, you want to understand who i am. I can’t say any word, i can’t tell anything, my mouth is close since one century and i’m blind since ten years because i couldn’t stop crying. What do you think ? Where do you live ? How old are you ?I can even answer to these questions. I would like to be a bird, to fly touside my jail, to escape from this world who turns without me.
Minute after minutes between the four walls of this country, i build my boat, little one, too little one, so little one. I’ll write freedom on the waves, when the moon just lost between the sea and the sky, will show me which way i have to follow. Could you wait for that ? For a dream ? For a shadow who disappears when my eyes open. Each Time, each ending of night.
La norme d’habiter se fond dans la masse normée elle-même, norme d’habiter seule, d’habiter en famille, norme de construire une famille ou une vie seule, norme d’isolement, norme de normalité même imposée par une société qui tend à casser toute dynamique collective pour imposer son individualisme et sa tristesse. Ainsi tenant la masse dans une tristesse induite par un fonctionnement obligatoire car garant d’un logement, d’un salaire, lui-même garant du logement, le monde tient en laisse, par liasse, l’individu cuisinant ses plats pré congelé, parlant à sa télé, et interdit de tout rassemblement en réunion qui pourrait pervertir la tranquillité des mêmes individus. La roue ne tourne plus, à coup de bâton elle a été bloquée, dans le champ du linge pendu trop bas ou trop haut par la voisine de palier à qui bien sûr il ne faut pas parler car elle parle déjà beaucoup trop fort. La norme est isolement, résignation et effondrement de toute vie sociale et affective, hormis celle conforme, de sa femme, son mari, qu’il faut aimer pour toujours et uniquement, ses enfants, qu’il faut envoyer à l’école de la République, apprendre qu’il leur faudra travailler et se loger et avoir une même famille. Il faut, une fois pour toute, il ne faut rien d’autre que d’être ce que l’on veut, et en dépit du danger que cela comporte pour l’autre société étouffée par ses normes, allons y. Et je parle bien là d’une société, sorte de personne morale, morale encore. La norme n’est pas dans un désir de partage, ni dans un désir de nomadisme, ni or des lois excluantes…La norme réduit l’accès à ce qui est montré comme la base de la décence, oubliant que nous sommes des Hommes libres, ignorant que notre dignité tient à comment nous pouvons rendre possible le fait d’être nous-mêmes. Et nous atteignons cela par l’illégalité de vivre ensemble, de vivre différemment, sans établir un meilleur modèle, sans nous poser en exemple, quand bien même ce nous exemplaire n’existe d’ailleurs pas. C’est ici, notre toit, entre le ciel et la terre.
