A l’ombre du chêne –

Le chêne a cinq branches, quatre branches,

tour perdue de l’horizon.

 

Est ce que la peur a pris ton cœur,

ta main froide,

ta maigre jambe ?

Les a-t-elle pris ?

Est ce que j’ai pleuré ?

Dans ton aisselle tiède,

sur ta main bleuie ?

 

La chienne au bout de la laisse,

sur nos pieds,

en laisse de nous quatre

la soleil passe le vitrail

il y a ton nom sur une plaque

nous n’aurions du faire que rire.

Nous avons retiré la croix sur le bois

tes yeux fixés dessus

de quelle couleur sont tes yeux ?

Nous avons retiré la croix.

 

Quatre branches, cinq branches

une oie passe au milieu, ton oie ?

Je ne peux imaginer tes deux derniers jours

sais tu que nous étions là ?

 

Ta peau jaune, ta peau blanche

un teint qui ne survit pas

tu ne survis pas

tu ne nous souriais plus ce soir

on aurait pu comprendre

tu ne nous souriais plus

 

Quand la brume tombe

et la douleur lascive

que nous reste-t-il?

J’ai dit le 21 Octobre, «  un père ça ne tombe pas malade »

j’aurai voulu tes bras une dernière fois

une autre peau, une autre fois

 

S’il ne nous restait que le chêne

je le couperai

et les oies à la braise

je soufflerai sur leurs cendres

elles, chaudes, puis tièdes, puis rien.

 

Mais il y a la brume qui tombe,

les branches qui pleurent le lière

évincé

si jamais

je t’aurai dit…

 

une main, le haut du chêne

Cinq branches, quatre branches

membre fantôme

qui fait geindre d’une douleur franche

si il le faut

tu seras ça dans le temps inconnu

de la lascive qui ne s’assouvit pas.

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