« elle nous dit »/ Retour sur la marche de nuit non-mixte

Elle nous dit «  et le violeur a été en prison, c’était réglé »

Nous sommes bouche bée, nous partagions les larmes sous nos paupières, nous partagions le mal dans notre ventre et elle nous dit

                                                                                    « qu’elle vienne ici, la dernière fois, en un mois le mec était emprisonné »

on croyait pouvoir se partager là, dans ce lieu qui brandissait nos noms. Mais nous ne voulons pas de la prison, ni pour les violeurs, ni pour les meurtriers, ni

nous n’avons pas de solution, nous , maintenant

deux heures plus tôt, la marche avance, sous la protection de flics féminisés, comme pour accepter la non-mixité de cette nuit

pied de nez, je te casse le gros orteil connard

tout continue

«  les hommes aux fourneaux, les femmes aux bistrots » et trois femmes à Belleville qui sirotent en terrasse, alors quoi ?

je voudrais m’arrêter et parler aux mecs partout, ici, question de territoire, les quartiers que j’aime

errance des nuits trop rares

les quartiers que j’emprunte, nous hurlons… Elles hurlent…dans un mutisme implacable

nous défendons quoi ? dans la prétention qui

je veux tout, pas seulement être libre de marcher dans cette rue parce que je suis une fille, oubliant les autres répressions, oubliant les baillons

pas seulement ouvrir des espaces de paroles

la répression, les baillons

ne jamais envisager l’enfermement comme une solution

ne jamais

tout continue ? cette marche est en dehors de tout ce que je défends, elle est une parenthèse, en outrage, en

je veux tout, cette liberté, au milieu des autres. Réclamées ? non, saisies

je suis tout, fille, fille d’immigré, précaire, fille d’immigré précaire

tu vois quoi, toi ?

je veux des transversales, en identités confondues, sous la confusion, parfois, nous nous protégeons

des gestes, des mots, des actes

je m’arrête à

il fait nuit

je rentre…dehors…seule…je n’ai pas peur…protégée par

elle nous dit, elle se trompe

je perds les

Des murs

Il y a les murs et les rivières en cercueil encombrant, les autres qui tombent et nos voix qui restent muettes, il y a les matraques et les cris, et la ferveur qui rougie le ciel, et les autres qui tombent, il y a des murs toujours, invisibles, partout, il y a des murs devant nos pierres qui tombent, le sol toujours plus loin, puits du vent qui courre contre nous. Je vois des ombres aux murs, je rêve sous la poussière qui crament nos yeux, je rêve des ombres, de ces corps que je ne touche plus, de ces corps garder au froid des murs.

Mezza luna fuori

jeudi 14 octobre,

à la veille de la trève hivernale, les deux maisons des Demi lune, occupées depuis presque deux ans,( expulsables depuis plus d’un an) sont expulsées à 7H du matin. Des flics encerclent la maison, bloquent les rues tout autour, isolant la maison de ses voisins, de ses amis, de ses soutiens…Les occupants sont dehors avec les affaires qu’ils ont pu sauver, un d’eux sera embarqué et jamais relâché. Les bulldozers sont là , à 10H ils commencent à détruire les maisons, les canapés sont dans le salon, les dessins sur les murs, sur les portes, quelques manteaux encore accrochés… Les murs de la demi lune cèdent.

Dans l’aprés midi, la grande maison prendra feu, autour des voisins, des occupants revenus sur les lieux, des gens qui marchaient par là, la maison brûle, au milieu du quartier de la Boissière.

La Boissière est un quartier du Haut Montreuil.

Les demi lune sont deux maisons habitées depuis presque deux ans, occupées, c’est à dire vivantes, enracinées, dans ce quartier, organisant théâtre, brocante, concerts, discussions, ateliers, cantines, acceuil, dialoguant avec ceux d’à côté ,aussi ceux de passage, aussi les amis, aussi ceux qui ne comprennent pas au départ ce que c’est que ce grand bazard.

Les murs de la demi lune ont cédé, pas les habtitants, pas les envies, pas ceux qui la rencontre ou l’ont rencontrée, pas ceux qui venaient y boire un thé, chanter, bouffer un steack, ou parler. Nous n’avons pas cédé… Nous sommes là, dans les rues, sous d’autres toits ,peu importe. Nous sommes là.

Espace Libre ?

Espace Espace Espace.
STOP.
Si l’espace, entendu comme territoire, n’était qu’un trait d’union, pris lui-même entre deux espaces, entre deux clics, entre deux limites, quatre donc, entre frontières, imaginaires ou non, entre des territoires entendus arbitrairement. Comment définir un espace, comment définir la nécessité de limiter des territoires, comment percevoir les raisons et l’arbitrage de tout cela ?Est ce ceux qui occupent un espace qui se l’approprient qui du coup peuvent le définir, est-ce que comme un champ d’où la récolte appartiendrait à celui qui a planté les graines, un espace n’appartiendrait donc à personne, seul ce qui aurait été planté, construit, induit, mis en jeu dans cet espace appartiendrait pour un temps aux mêmes acteurs de vie de ce lieu. Poser les questions de propriété revient à poser les questions de droits, de relation avec l’autre si quelque chose nous appartient. Mais alors si les espaces n’existent plus, si n’existent seulement que les possibilités qu’il permet à chacun de réaliser en son sein, alors l’espace lui même disparaît pour créer des mini sphères d’expression, de création, de vie, de plantation, de développement, de rencontre finalement. Et, dans ce dessein, les limites, les frontières de l’un à l’autre ne sont alors plus que dépendante de la relation des uns envers les autres, et non pas de lois, droits ou contrôle. Alors les papiers disparaissent, les poste de surveillance, de régulation, les notions même d’identité territoriale, tout cela est alors à redéfinir. Car l’espace est alors lieu de jeu, de vie ,d’inscription, il est un choix aussi… Libre de choisir finalement la terre, en partie ou dans sa totalité, où on désirerait s’arrêter, ou rencontrer ou transformer. Libre, espace libre ? Annihiler cette notion d’espace, c’est aussi arrêter d’en construire chaque jour les limites, de chaque jour le rendre plus restreint, plus interdit à un plus grand nombre.
Sortir de l’espace c’est arrêter de voir l’horizon se réduire, pour, ensemble, en repousser les barrières jusqu’à l’infini.
Je suis autre quand tu te dis d’ici, je suis toi quand tu te dis d’ailleurs.

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Le soleil se lève sur Rennes Troie

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Ce matin encore, le soleil se lève sur Rennes Troie.

6 semaines d’occupation, de réappropriation, d’organisation… et puis de grèves, de manifs, d’action collectives… des rencontres, des échanges de savoirs, d’idées, des projections, des débats, des cantines collectives, des concerts… 6 semaines déjà. 6 semaines seulement.

Quelles échéances nous attendent encore?

L’épée de Damoclès traîne toujours au dessus du Hall B, on mène une guerre avec les armes de l’ennemi dans la peur qu’il nous les reprennent…

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La lutte est précaire, précaire comme la vie contre laquelle on lutte.

La main invisible n’est jamais loin…

Lorsqu’elle prend le micro et revendique son droit à l’individualisme en AG, lorsqu’elle étrangle les médias, lorsqu’elle tente de nous bâillonner, lorsqu’elle tient la carotte ou la matraque…

Le fossé se creuse avec ceux qui la suivent, prenant ses indications pour des prophéties que rien ni personne ne peut remettre en question. D’ici à ce que les fossés deviennent des tranchées il n’y a qu’un « parce que »…

La main invisible dans sa volonté de monopole a fait de nous des hérétiques.

Liberté de croyance et d’opinion bafouée, régime sécuritaire, criminalisation du militantisme, tribunal d’exception charger de lutter contre l’hérésie aussi appelé « terrorisme ».

La déviance et la désobéissance aurait valu hier, d’être brûler sur le bûcher, aujourd’hui, c’est l’enfermement qui se charge de réduire les vies en cendre.

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Mais quoiqu’il en coûte, le refus de ce système marié à notre insoumission, continue de nous rassembler. Rennes Troie, fac occupée ou ruse de guerre?

Ce soir, c’est autour de micros que le rassemblement aura lieu. Scène hip hop en perspective afin d’élargir les horizons.

“S’il y avait une connexion entre les étudiants et les banlieues, tout serait possible. Y compris une explosion généralisée et une fin de quinquennat épouvantable”

Nicolas SARKOZY

Pénélope continue de tisser sa toile…

Des camarades, des amis, à Rennes ces derniers jours

Arrestation fin de manif…31 janvier 2009

Au loin d’une manifestation, lourde de nos sens, de nos vues brouillées par le bleu assoiffé de cet après midi de janvier, de notre odorat revigoré par les senteurs fameuses des feux fabriqués main, de nos voix ensemble un moment pour que tous ceux qui sont enfermés retrouvent nos pas sous le ciel aussi gris fusse-t-il. Au loin d’une manifestation en couleurs et en musique, aux jets mémorables, nous battions le pavé pour engouffrer le métro parisien quand un de nos frères s’est vu contrôlé, arrêté et embarqué. Malgré les cris, la foule ensemble, la résistance des uns et des autres pour dénoncer un contrôle au faciès et une violence démesurée.

LUi, Contrôlé , tabassé puis embarqué à dos de ceinturons, toujours en Garde à Vue aujorud’hui; NOus gazés après matraques et poings dans la gueule… Nous sommes toujours debout, les cœurs serrés les uns contre les autres et nous irons encore le chercher ce soir.

Que tous les chemins mènent vers une lutte commune, que nous résistions toujours, au nom de nos libertés et avec la vie comme mirage.

Lien vidéo : http://fr.youtube.com/watch?v=GIa_0E3Y2a0

Lutte Italienne: communiqué des Universités occupées

Par les collectifs Sci POl et Fuxia Block de Padova, nous recevons les communiqués traduits des facultés Italiennes occupées, des Etudiants en marche…Nous en serons le 14, le communiqué est là:

Aux facultés en lutte, aux étudiantes et aux étudiants, aux doctorants, aux précaires de la recherche.

« Nous, on ne payera pas votre crise » : c’est le slogan avec lequel, il y a plus d’une semaine, la mobilisation a commencé dans l’université “La Sapienza”[1]

Un slogan simple, mais tout de même direct: la crise économique globale, c’est la crise du capitalisme même, de la spéculation financière et immobilière, d’un système sans règle ni droit, des patrons et des sociétés sans scrupules. Cette crise ne peut donc pas retomber sur les épaules de la formation (de l’école primaire jusqu’à l’université), de la santé ou des contribuables en général.

Le slogan est devenu célèbre, en courant rapidement de bouche en bouche, de ville en ville.

Des étudiants aux précaires, du monde du travail à celui de la recherche, personne ne veut payer la crise, personne ne veut socialiser les pertes, puisque la richesse a été, depuis des années, distribuée à peu de gens, trop peu.

Ces dernières semaines se fut une véritable contagion : multiplication des mobilisations dans les écoles, dans les universités, dans les villes ; qui a du susciter beaucoup de peur.

On le sait : le chien qui a peur, mord; ce fut la réaction du premier ministre Berlusconi qui ne s’est pas faite attendre: “ Police pour les universités et les écoles occupées”, “ nous allons arrêter la violence dans le pays”.

Hier Berlusconi a déclaré vouloir augmenter les soutiens économiques aux banques et faire de l’état et de la dépense publique les garants en dernière instance pour les prêts aux entreprises ; ce qui implique: l’arrêt des formations, la baisse des ressources pour les étudiants, l’arrêt des aides à la santé, mais de l’autre côté, de l’argent pour les entreprises, les banques, les privés.

Nous nous demandons, alors, où se trouve la violence ? Dans une occupation ou plutôt dans un gouvernement qui impose la loi 133 et le décret Gelmini, sans aucune discussion parlementaire? Est-ce le désaccord qui est violent ou le fait de vouloir l’étouffer en faisant intervenir la police ? Est-ce violent de se mobiliser pour la défense de l’université et de l’école publique ou bien de favoriser les intérêts économiques d’une minorité ?

La violence est donc du côté du gouvernement Berlusconi; de l’autre côté, dans les facultés ou dans les écoles occupées, il y a la joie et l’indignation de ceux qui luttent vraiment pour leur futur et pour le futur de tous, de ceux qui n’acceptent pas d’être mis au coin ou forcés au silence, de ceux qui veulent être libre.

On dit de nous que nous savons seulement dire « non », que nous n’avons rien à proposer. Rien n’est plus faux: les occupations et les assemblées de ces derniers jours sont en train de bâtir une nouvelle université, une université faite de connaissance, mais aussi de socialisation, de savoir, d’information et de conscience. Étudier est pour nous fondamental, et c’est pour cela que nous pensons qu’il est indispensable de nous mobiliser: occuper pour faire vivre l’université publique, pratiquer le dissentiment pour pouvoir continuer à étudier ou faire de la recherche.

Beaucoup de choses dans l’université et dans les écoles doivent être changées, mais une chose est certaine: le changement ne passera pas par le « dé-financement ». Changer l’université signifie augmenter les ressources, soutenir la recherche, qualifier les procès de la formation, garantir la mobilité (de l’étude à la recherche, de la recherche à l’enseignement).

Par contre le « dé-financement » a un seul but: transformer les universités en fondations privées, décréter la fin de l’université publique.

Le dessein est clair, ainsi que les moyens: la loi 133 a été approuvée au mois d’août et, face au désaccord de dizaines de milliers d’étudiants, la police est intervenue. Ce gouvernement veut détruire la démocratie, à travers la peur, à travers la terreur.

Mais aujourd’hui, de “La Sapienza” en mobilisation et des facultés occupées, nous disons que nous n’avons pas peur et nous ne reviendrons pas sur nos pas. Notre intention est plutôt de faire reculer le gouvernement: nous n’arrêterons pas nos batailles tant que la loi 133 et le décret Gelmini ne seront pas retirés! Cette fois nous allons jusqu’au bout, nous ne voulons pas perdre, nous ne voulons pas baisser la tête face à tant d’arrogance. C’est pour ça que nous invitons toutes les facultés en mobilisation du pays à faire la même chose: s’ils veulent mater les occupations, et bien que d’autres milliers d’écoles et de facultés soit occupées!

En plus, après la grève et les manifestations du 17 octobre fixées par les syndicats de base, nous retenons que l’heure a sonné de descendre dans les rues de nos villes pour donner une réponse unitaire et coordonnée. Nous proposons donc deux journées de mobilisation nationales: vendredi 7 novembre, avec des manifestations disloquées dans toutes les villes, et une grande manifestation nationale du monde de la formation, de l’université jusqu’à l’école, à Rome, le vendredi 14 novembre, journée où les syndicats confédéraux ont décrété la grève de l’université.

Une journée à construire dont, en premier lieu, les protagonistes doivent être les étudiants, les chercheurs et les professeurs mobilisés. D’autant que nous retenons utile de traverser, avec nos formes et nos contenus, la grève générale de l’école lancée par les syndicats confédéraux et fixée pour jeudi 30 octobre.

Ce qui arrive ces derniers jours c’est une mobilisation extraordinaire, puissante, riche. Une nouvelle vague, une vague anomale qui n’a pas l’intention de s’arrêter et qui veut, au contraire, vaincre. Faisons croître la vague, faisons croître l’envie de lutter! On nous veut idiots et résignés, mais nous sommes intelligents et en mouvement et notre vague ira loin !

Des facultés occupées de “La sapienza” de Rome, par l’université en mobilisation.


[1] Université de Rome